Crise des sous-marins: vers un rebondissement indien ?

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La rupture du contrat de douze sous-marins français destinés à l’Australie, par la volonté de la coalition anglo-saxonne de défense du Pacifique, va peut-être faire le bonheur de l’Inde. Le gouvernement indien cherche en effet depuis plusieurs années à moderniser sa flotte.

Une collaboration avec la France en matière de submersibles, à propulsion nucléaire notamment, commence à être envisagée sérieusement par le gouvernement indien. “Après le revers qu’elle vient de subir, la France sera  peut-être beaucoup plus ouverte sur cette question”, pointe Harsch Pant, analyste de l’Observer Research Foundation.  Et d’ajouter “l’accord Aukus a montré que les pays de la zone indo-pacifique qui souhaitent contenir la présence chinoise, doivent mettre en place une coopération dans les hautes technologies”.

Deux chantiers sont sur la table : la construction de six sous-marins d’attaque à propulsion diesel-électrique, et celle de six autres à propulsion nucléaire, soit un budget de cinq milliards d’euros pour le premier, et de onze milliards pour le second.

Néanmoins, les ambitions indiennes se heurtent à une difficulté financière et il est possible que l’un des deux projets soit abandonné. En effet, avec un budget militaire de 55 milliards d’euros, par comparaison  le nôtre n’est que de 39 milliards,et une armée d’un million trois cent mille hommes, l’Inde doit aussi  assurer la présence permanente d’un effectif de cent-mille soldats le long des frontières avec la Chine, compte tenu des tensions dans l’Himalaya.

Le chantier qui perdurerait serait certainement celui des sous-marins nucléaires, car l’Inde n’a pas la possibilité de faire cavalier seul dans ce domaine. Attachée à sa souveraineté et à son autonomie stratégique, ne voulant pas être dépendante des USA , l’Inde réfléchit donc sérieusement à un rapprochement avec la France pour “mettre en place une nouvelle coopération”. Le quotidien The Indian Express indiquait lui aussi que “la crise des sous-marins offre l’occasion à l’inde et à la France d’approfondir  leur collaboration dans l’océan indien”, collaboration bienvenue qui signifie toujours  transfert de technologie.

C.H