Confinement: le Défenseur des droits, Jacques Toubon, alerte sur les possibles dérives intrusives et autoritaires des gouvernements

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Jacques Toubon, ancien ministre de la Justice et actuel Défenseur des droits depis 2014, a analysé les dangers de l’amplification de la surveillance par les gouvernements dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, lors d’un entretien pour L’Obs, paru le 30 mars. Géolocalisation, traçabilité, drones, il alerte sur les possibles dérives intrusives et autoritaires de ces mesures.

Depuis le début de l’apparition du virus, de nombreux pays à travers le monde ont recours aux drones, à la géolocalisation des téléphones portables, au stockage et à l’analyse de données personnelles grâce à la coopération des opérateurs téléphoniques, pour savoir si chaque citoyen respecte les mesures restrictives instaurées. Aussi utiles que ces moyens puissent être dans la crise sanitaire que nous traversons, Jacques Toubon alerte sur les risques d’une surveillance de masse renforcée et facilitée par les nouvelles technologies liées à l’intelligence artificielle. De surcroît, ce dispositif pourrait perdurer après la fin de la pandémie et avoir par conséquent des effets sur les libertés civiles.

Pour Jacques Toubon, « De telles mesures doivent être, d’une part, exceptionnelles et temporaires, et, d’autre part, nécessaires et proportionnées. Elles doivent faire l’objet d’une large acceptation sociale». L’ancien ministre de la Justice estime qu’«il faut en passer par un débat dans l’opinion, et forcément mettre à l’examen un texte qui fixe les règles». Et le Défenseur des droits de s’interroger : «La nécessité de préserver des vies en obtenant le maximum d’informations justifie-t-elle de prendre des mesures qui seraient contraires à nos grands principes ? […] Faudrait-il encore que ces méthodes soient assez efficaces pour que le rapport coût/bénéfice en termes d’atteintes aux libertés soit suffisamment positif.»

RT