Confinement: un homme qui se rend chez son père mourant doit faire demi-tour car un gendarme estime que son motif de déplacement n’est pas valable

844

Au début du mois d’avril, Patrice Dupas a voulu rendre visite à son père mourant. Alors que la France est en confinement généralisé depuis maintenant un mois, il a été stoppé par un gendarme qui l’a contraint de faire demi-tour, jugeant son motif de déplacement non-valable.

VA « Tout commence le 3 avril, quand Patrice Dupas reçoit un appel de sa belle-mère, qui lui explique que son père « ne va pas bien du tout ». Trois semaines auparavant, il lui a en effet été diagnostiqué un cancer généralisé. Le vigneron décide alors de joindre l’île de Ré en voiture, où réside son paternel de 82 ans, depuis le Loir-et-Cher. Un trajet de plus de 300 kilomètres pour lequel il demande au préalable l’aval de la gendarmerie de son département, qui lui répond qu’« il n’y a aucun problème » car il s’agit d’un « motif familial impérieux ». Parti le 4 avril, Patrice Dupas est contrôlé une première fois à la sortie de l’autoroute. Il présente son attestation, le gendarme lui pose des questions et le laisse passer en lui souhaitant « bon courage ». Seulement, une fois franchi le pont de l’île de Ré, et alors qu’il lui reste à peine trois kilomètres pour arriver jusqu’à chez son père, un autre gendarme le contrôle. Et ce dernier ne le laisse pas passer. 

« En regardant mon attestation, il me dit : ‘Vous ne passez pas, ce n’est pas impérieux, on n’a pas le droit d’aller visiter les anciens dans les Ehpad’ », raconte le vigneron. « Je réponds que mon père n’est pas dans un Ehpad, il est en hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d’un cancer. Sa réponse : ‘Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende », poursuit-il. La belle-mère et le médecin de famille tentent alors de convaincre le gendarme par téléphone, en vain. Le militaire se contente d’expliquer qu’il n’a « pas le temps et des contrôles à faire ». Finalement, après cinq heures de négociations et de coups de téléphones à la gendarmerie, aux élus locaux et à la préfecture, qui restent tous sourds à ses demandes, Patrice Dupas décide de céder et fait demi-tour. Quatre jours plus tard, son père décède, le mercredi 8 avril au matin, avant qu’il ait pu lui dire adieu. « 

Patrice Dupas a décidé de déposer un signalement auprès de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de saisir le procureur de la République de La Rochelle.

Valeurs actuelles