Brexit : une victoire sans appel

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Jeudi, le premier ministre britannique Boris Johnson a remporté une majorité absolue lors des élections législatives. Une victoire par K-O qui ouvre la voie au Brexit, après plus de 3 ans d’incertitude.

Boris Johnson a réussi son pari

C’est ce qu’on appelle un plébiscite. Jeudi, le parti conservateur a obtenu la majorité absolue lors des élections législatives en Grande-Bretagne. Avec 364 sièges sur 650, il s’agit d’une victoire nette et sans bavure pour le premier ministre, Boris Johnson, qui, malgré lui, avait fait de ce scrutin un vote pour ou contre le Brexit. Un score sans appel voire historique pour le parti conservateur puisqu’il s’agit d’une avance jamais vue depuis 1987, lors de la troisième victoire d’affilée du parti sous le pouvoir de Margaret Thatcher. Un triomphe par K-O pour « BoJo » qui a savouré sa victoire sans oublier son objectif principal.

Désormais, vous l’aurez compris, la voie est ouverte pour finaliser la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Le Premier ministre avait en effet besoin d’une majorité absolue pour faire adopter par le Parlement l’accord de divorce négocié avec Bruxelles fin octobre.

Défaite cuisante pour le Labour party

Cette victoire écrasante de Boris Johnson est un échec cuisant pour le Labour de Jeremy Corbyn. En effet, le Parti travailliste, deuxième force politique du pays, subit  une véritable débâcle, sa pire déroute depuis 1935, avec 32,2 % des voix contre 40% en 2017, n’obtenant que 203 sièges, contre 262 dans le Parlement sortant. Il paie lourdement sa position ambigüe sur la sortie de l’union européenne.

Si Boris Johnson a pu bénéficier d’un large plébiscite, c’est également, en partie, grâce à la coopération du parti pour le Brexit de Nigel Farage. Et pour cause, le Brexit Party n’avait pas présenté de candidats dans les circonscriptions où les conservateurs de Boris Johnson étaient déjà majoritaires, afin de ne pas compromettre le Brexit. Une prise de position assumée par Nigel Farage dont le but principal était de voir le Brexit prendre forme.

Désormais, rien ne semble plus pouvoir entraver la sortie prochaine de la Grande-Bretagne de l’UE.

Le Brexit avant Noël ?


Les nouveaux députés feront leur entrée à Westminster dès mardi prochain et pourraient avoir à se prononcer sur l’acte législatif de retrait de l’UE avant Noël. Sur le continent, les réactions ne se sont pas faites attendre. La présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, a ajouté que Bruxelles se mettrait rapidement au travail pour fixer le cadre des négociations post-Brexit alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a déjà promis d’ouvrir des négociations commerciales avec la Grande-Bretagne.

Des négociations qui pourraient se tenir sans l’Ecosse. En effet, c’est l’autre enseignement de la soirée électorale britannique, le SNP, le parti indépendantiste écossais, aurait engrangé 49 des 59 sièges réservés à l’Ecosse à Westminster. Une victoire qui devrait renforcer la demande d’un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Ecosse avec le risque d’un éclatement pur et simple du Royaume-Uni. 

Du côté du Continent, ce vote pourrait pousser les dirigeants à enfin repenser le fonctionnement de l’UE… il pourrait aussi donner des ailes à ceux qui préfèrent le choix de la rupture.