Baccalauréat : jusqu’où va-t-on descendre ?

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Alors que les résultats du baccalauréat sont tombés ce vendredi, ces derniers se sont révélés une nouvelle fois extrêmement positifs. Les professeurs, eux, déplorent une chute vertigineuse du niveau des copies. 

En 2015, l’ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry, faisait déjà état d’un diplôme ayant perdu de sa saveur. Alors que le baccalauréat est considéré comme l’examen de référence en France, force est de constater que son obtention est devenue une quasi formalité. 

Un examen devenu une simple formalité ?

Ce vendredi, les 740 000 candidats à l’édition 2019 se sont précipités devant les grilles de leurs lycées afin de consulter les résultats. Un suspense tout relatif et des effusions de joie qui confine parfois au ridicule. 

Avec 91,1 % et 88,9 % de réussite en 2018 pour les bacs généraux et technologiques, l’examen n’est plus, pour beaucoup qu’une formalité. Et cette année ne devrait pas déroger à la règle. D’ailleurs, pour de nombreux lycéens, la question n’est plus de savoir s’ils auront le précieux sésame mais plutôt quelle sera leur mention. De 1997 à 2018, le nombre de mentions a effectivement augmenté, toutes filières confondues, générale, technologique et professionnelle. De moins de 25% de mentions en 1997, ils étaient à près de 50%  des lycéens à en obtenir une en 2018. Pour atteindre cet objectif, la politique du ministère de l’Education nationale s’est traduite par une “harmonisation vers le haut” des résultats du baccalauréat au sein des commissions de correction du bac. 

Ainsi, tout est mis en œuvre pour avoir les meilleurs résultats possibles et le contexte 2019 pourrait faire exploser les chiffres. En effet, cette édition a été marquée par de nombreux couacs à tous les étages… Fuite des sujets de mathématiques, erreurs dans certains intitulés, grève des surveillants, manifestations de professeurs.  Malgré cela, tout a été fait pour que les candidats repartent avec leur diplôme… le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ayant même dit qu’en cas d’absence de correction des copies, le contrôle continu serait pris en compte ce qui arrangerait une majorité d’élèves. D’ailleurs, une partie des lycéens recalés pourraient être tentés de recourir à la procédure administrative, à condition, bien sûr, que leurs notes au contrôle continu soient meilleures que celles du bac.

Une baisse générale de niveau

Des excellents résultats donc et des professeurs qui alertent contre la chute vertigineuse du niveau des copies. Fautes d’orthographes à répétition frôlant l’illettrisme, non-sens dans la construction des phrases. Pire, de nombreux lycéens se sont offusqués après l’épreuve de découvrir qu’Andrée Chedid était une femme, sans oublier les  traditionnelles perles du bac qui illustre humoristiquement le niveau de délabrement du système éducatif.

Un paradoxe entre résultats et niveau réel alors que le baccalauréat changera de formule en 2021 avec la prise en compte du contrôle continu à hauteur de 40%. Difficile d’imaginer qu’une telle mesure inverse vraiment la tendance.

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