Autopsie du panier de la ménagère – Pierre Bergerault

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L’addition est-elle plus salée à la caisse ? Avec le confinement, les Français affirment dépenser davantage pour leurs courses de nourriture. Y a-t-il une réelle hausse des prix ou s’agit-il d’une impression ?

Selon l’Iri, institut spécialisé dans l’analyse des données de produits de grande consommation, l’inflation est à -0,15%. Mais un certain nombre de facteurs montrent bien pourquoi l’addition est plus chargée.

D’abord, avec l’annonce du confinement, les marques distributeurs ayant été dévalisées, le consommateur doit maintenant se rabattre sur les produits les plus chers restés en rayon. Ensuite, il n’y a plus de promotion actuellement, pour des raisons d’approvisionnement et les codes-barres des promos étant différents, cela nécessiterait un travail supplémentaire.

Par ailleurs, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a lui-même reconnu une hausse du prix des fruits et légumes pour soutenir les producteurs face au manque à gagner depuis la fermeture des restaurants, des cantines d’écoles et des marchés. Conséquence de ces fermetures, les foyers achètent en plus grande quantité car tout le monde se nourrit chez soi. En témoigne l’explosion du  volume moyen d’un caddie : +87% fin mars alors que la fréquentation des grandes surfaces a diminué de 47%.

Il y a aussi « l’effet supérette ». Avec le confinement et l’obligation de faire ses courses au plus près, les Français privilégient les petits commerces… plus chers. Et avec la psychose créée par les médias en continu, faire ses courses est devenu synonyme d’angoisse et de peur. Du coup, les Français vont plus vite, regardent moins les prix et s’achèteraient plus de « doudous alimentaires » comme les sucreries ou l’alcool pour se rassurer, voire oublier la situation. A noter que les ventes d’alcool avaient déjà augmenté de 15% après seulement deux semaines de confinement !

Si la hausse du prix du ticket des courses a tendance à augmenter à cause du confinement, l’association de consommateurs UFC Que-Choisir a quand même pu observer une hausse des prix dans les drives avec +0,9% dès la première semaine, puis +0,2% à la deuxième. Hausse que l’association explique par les pénuries.

Mais si la note augmente, les Français finissent quand même par s’y retrouver. Un membre de l’Iri rappelle que « le prix moyen d’un repas hors domicile est de 10 euros alors qu’à la maison, en se fournissant en grandes surfaces, il passe à 4 euros ».

Conclusion, le prix du panier des courses a augmenté à cause du confinement mais rester à la maison revient moins cher. CQFD

Pierre Bergerault