Après 738 millions d’euros d’investissement, la France abandonne le projet « Astrid » et son réacteur nucléaire de 4ème génération

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Coup dur pour le nucléaire français ! La quatrième génération de réacteur risque de ne jamais voir le jour, en effet le Commissariat à l’énergie atomique a mis à l’arrêt le projet « Astrid » de réacteur à neutrons rapides. L’objectif de cette génération de réacteur était pourtant de réutiliser l’uranium appauvri et le plutonium comme combustible pour la réaction. Autrement dit, réutiliser les matières radioactives et réduire les déchets nucléaire à vie longue. 738 millions d’euros ont pourtant déjà été investis dans ce plan qui manque, avant tout, d’un coup de pouce politique !

Le projet « Astrid » devait succéder aux trois réacteurs expérimentaux à neutrons rapides français (Rapsodie, Phenix et Superphenix) qui ont tous été déclassés depuis longtemps. Si le projet s’était concrétisé, on s’attendait à ce qu’il produise un réacteur surgénérateur rapide refroidi au sodium de 600 MW, construit sur le site nucléaire de Marcoule (Gard). Les réacteurs de ce type peuvent utiliser des isotopes qui ne conviennent pas comme combustible pour les réacteurs à eau sous pression (REP) qui alimentent la majorité des centrales nucléaires du monde. En théorie, ils peuvent même être utilisés pour recycler les déchets nucléaires et produire plus de matières de fission que ce dont le réacteur lui-même a besoin pour fonctionner.

L’un des principaux problèmes de ces réacteurs (même si, en même temps, c’est un avantage) est le liquide de refroidissement métallique, le sodium, qui est utilisé à la place de l’eau. Contrairement à l’eau, le sodium reste liquide à très haute température et n’a pas besoin de coques pressurisées lourdes pour le maintenir à l’intérieur. La réactivité chimique de l’élément est toutefois un problème majeur, car toute fuite peut facilement provoquer des incendies et des explosions, comme l’a montré l’incendie de la centrale nucléaire de Monju au Japon en 1995.

Les deux seuls réacteurs industriels de ce type – BN-600 et BN-800 – sont exploités par la Russie à la centrale nucléaire de Beloyarsk. Quelques autres pays, cependant, dont la Chine et l’Inde, disposent d’installations expérimentales opérationnelles avec des surgénérateurs.

RT