Allemagne : bientôt le vaccin Spoutnik V ?

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Face aux couacs à répétition autour du vaccin, l’Allemagne semble de plus en plus décidée à faire cavalier seul. Berlin a réaffirmé ce vendredi sa volonté d’utiliser le vaccin russe Spoutnik V, à la seule condition qu’il soit approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA). La semaine dernière, la chancelière Angela Merkel s’était fermement positionnée en faveur du vaccin russe : «je préférerais une commande de l’UE» mais «si celle-ci n’intervenait pas alors l’Allemagne devrait agir pour elle-même et c’est ce que nous ferions»  déclarait-elle alors lors d’une conférence de presse à Berlin le vendredi 19 mars.

L’Union européenne se déchire sur la question du Spoutnik V, dans un conflit où l’idéologie semble omniprésente. La France s’est illustrée dans ce domaine. Le dimanche 21 mars, le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton qualifiait le vaccin russe de « vaccin de complément » dont l’Union européenne n’avait « absolument pas besoin », provoquant une réponse sèche du Kremlin : «Nous nous interrogeons sur les intérêts que défendent ces gens. Ceux des entreprises pharmaceutiques ou ceux des citoyens européens?»

Les relations entre la Russie et l’Union européenne étaient déjà tendues, la Russie pointant du doigt la lenteur de la procédure d’homologation du vaccin par l’EMA. Une lenteur qui a conduit la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie à passer commande, sans attendre l’accord de l’autorité sanitaire européenne. Une décision qui fait vaciller le gouvernement slovaque. Après la livraison du vaccin russe, certains membres de la coalition ont exigé la démission du Premier ministre Igor Matovic, à l’origine de la commande.

Depuis le début du mois de mars, l’Union européenne est engagée dans un bras de fer avec la Russie, notamment à cause des conflits au Donbass. En effet, Charles Michel, président du Conseil européen, s’était rendu en Ukraine sur la ligne de front, haussant le ton envers la Russie.

Dans cette zizanie, l’Allemagne va une fois de plus démontrer qu’elle est capable de s’émanciper de l’Union Européenne quand celle-ci ne va exceptionnellement pas dans le sens de ses intérêts.