A Paris, Anne Hidalgo poursuit sa chasse aux voitures

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A Paris, la chasse aux voitures est rouverte ! Le maire de Paris Anne Hidalgo (PS) souhaite interdire tout le centre de la capitale au trafic automobile en transit. David Belliard (EELV), adjoint à la mairie chargé de la transformation de l’espace public et des mobilités, a dévoilé le 12 mai la mise en place d’une zone « à trafic limité » incluant les quatre premiers arrondissements de Paris, ainsi qu’une partie des Vème, VIème et VIIème. Seuls les professionnels type livreurs, artisans ou taxis pourraient traverser la zone. L’objectif : rendre le centre de la capitale presque entièrement piéton.

La volonté de diminuer la place de la voiture est l’un des principaux engagements des deux mandats de l’édile de Paris. Entre la suppression de 70 000 places de stationnement et la polémique fermeture des voies sur berges, Anne Hidalgo a réussi son pari : depuis son élection à la mairie en 2014 et l’année 2019, le trafic automobile au cœur de Paris a baissé de 19%. Et les embouteillages ont augmenté, le taux de congestion passant de 36% en 2018 à 39% en 2019, selon le fabricant de GPS TomTom. Des embouteillages et des trajets rallongés, qui, inévitablement, ont un impact négatif sur la pollutionUne étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), organisme indépendant, révèle les limites de la politique anti-voiture d’Hidalgo : les mesures prises déplacent seulement le problème. Ainsi, « la fermeture de la voie sur berge a conduit à une hausse de la congestion de 15% », notent les chercheurs dans cette étude publiée en mai 2021. Pour éviter le centre de Paris où de nombreuses voies sont fermées, les voitures se déplacent vers le périphérique sud, « affectant négativement les habitants des communes limitrophes ». Tant pis si les habitants des banlieues parisiennes subissent les décisions du maire de Paris, eux ne votent pas dans la capitale !

Mais les banlieues touchées par une augmentation de la circulation ne sont pas les seules à être défavorablement impactées. Le centre de Paris se transforme petit à petit en une zone touristique plus proche de Disneyland Paris que d’une ville où il est possible de vivre. Les mesures anti-voitures compliquent la possibilité de se déplacer et enclavent certains quartiers. De plus, la piétonisation s’accompagne souvent d’une hausse des baux commerciaux, forçant de nombreux petits commerces à partir, remplacés par des grandes chaînes. Qu’importe, cela ne semble pas perturber Anne Hidalgo, qui, elle, se déplace… en voiture (électrique, bien sûr) !

Des projets sur la circulation qui se retrouvent au cœur des enjeux électoraux. Ainsi, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, s’est emparée du dossier, en particulier celui du périphérique. Le maire de Paris souhaite fermer une des quatre voies du périphérique. Valérie Pécresse (Libres !) promet un grand référendum pour demander leur avis à tous les Franciliens si elle est réélue. La guerre autour de l’automobile ne fait que commencer.