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« L’école de la confiance » ? C’est Blanquer qui n’inspire plus confiance.

Depuis lundi, les députés planchent sur le projet de loi « l’école de la confiance ». Un projet touche-à-tout, qui nécessite une étude rigoureuse, compte tenu des enjeux. Mais le ministre Blanquer ne fait plus l’unanimité.

Quand Blanquer a commencé à parler de réhabilitation de la dictée, ou de retour du port de l’uniforme et de fin des incivilités à l’école, la popularité de ce quasi inconnu est soudain devenue considérable. Les médias l’ont transformé en star, et son physique plutôt banal et austère de professeur cinquantenaire au crâne chauve a fait un temps la « une » de tous les magazines.

Le désenchantement est venu plus récemment : cet immobilisme, d’abord, après deux années passées au ministère de l’Education nationale. Ces rumeurs de réformes attentatoires à l’enseignement libre et à la liberté, dans le domaine de la formation professionnelle aussi. Rumeurs vite démenties. Mais allez savoir s’il s’agissait de fausses nouvelles ou de ballons d’essai. Cette proximité, enfin, avec la franc-maçonnerie. Encore qu’il ne soit pas lui-même maçon, contrairement à la plupart de ses prédécesseurs, de Jean Zay à Alain Devaquet, et contrairement à une rumeur qu’il a peut-être lui-même entretenue. Invité ès qualité, lors d’une réunion blanche de la Grande Loge de France, en novembre 2017, Blanquer avait expliqué : « Je suis très intéressé par les rituels maçonniques. J’aurais pu devenir initié, mais maintenant, c’est trop tard. J’ai de la sympathie pour la franc-maçonnerie, sinon je ne serais pas ici. » Il y a donc beaucoup de raisons d’être prudent, de mesurer sa confiance à un projet concocté dans un ministère piloté par cet homme.