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N’ayez pas peur

Éditorial : Les Gilets jaunes et “Présent”

La semaine dernière, quelques lecteurs nous ont écrit pour manifester leur inquiétude face aux violences des samedis successifs, et pour regretter la position de Présent au regard de cette révolution des Gilets jaunes. Les remarques de ces lecteurs sont assez bien résumées dans les propos de Jacques G., par exemple : « Un tel mouvement est intrinsèquement un processus révolutionnaire et insurrectionnel qui n’est plus maîtrisable par quiconque : il est plus fort que tous ceux qui, l’identifiant comme tel ou pas, pensent pouvoir le conduire ou en tirer profit (en gros, tous les partis politiques, RN compris).

« Présent me semble avoir sur ce point une position “à courte vue”, naïve, sans recul ni vision sur ce qu’est ce mécanisme révolutionnaire ; relayer les revendications les plus démagogiques, les plus incohérentes, les plus… socialistes (“On crève du socialisme étatique mais on en redemande et on va en avoir”), sans voir à quoi peuvent aboutir l’excitation croissante d’un peuple comme le développement d’une haine sociale de plus en plus violente, c’est vraiment être aveugle et avoir le nez “dans les pâquerettes” (avant de l’avoir dans le ruisseau !) (…)

« Souvenir personnel : j’avais 16 ans en 68 mais je me souviens encore des articles de Madiran qui voyait apparaître derrière les événements le “visage hideux de la révolution toujours recommencée”, je cite de mémoire…

« Si même Présent ne le voit pas ce visage, qui le verra… et le dira ? »

Cette inquiétude de notre lecteur fait bien évidemment partie des questions que chacun se pose, qu’on se pose sans doute aussi au RN, chez Dupont-Aignan et ailleurs.

Au départ, nous avons une très légitime et très bienvenue révolte fiscale. Ces fameux Gilets jaunes, ce sont les gilets de sécurité de la voiture, qui symbolisaient génialement les insupportables taxes sur les carburants, et plus généralement cette pratique socialiste de spoliation organisée des Français, à coups de taxes et d’impôts.

L’OPA que tentent la CGT, les lycéens d’extrême gauche, LFI, les « antifas » et autres racailles de banlieue, pour lancer un nouveau Mai 68 de gauche à partir d’une révolte (voire d’une révolution) intrinsèquement de droite, c’est évidemment autre chose.

Et réclamer le rétablissement de l’ISF, comme solution à l’hyperfiscalité socialiste et confiscatoire, montre à quel point la récupération est grotesque et en opposition aux fondamentaux mêmes du mouvement.

Esclaves fiscaux

La position de Présent est d’abord de reconnaître que cette révolte des Gilets jaunes est légitime. Les Français sont des esclaves fiscaux jusqu’au 27 juillet de l’année (date de la libération fiscale de 2018), la France est devenue le pays le plus imposé d’Europe.

Mais nous constatons que la démonstration de rue des Gilets jaunes est aussi un prétexte, pour les bandes ethniques et pour les « antifas », à des déchaînements de violence extrêmement pénibles, qui dégradent l’image de notre pays. Des violences de cette nature, nous en subissons toutefois constamment, et depuis des années : à chaque victoire d’un grand match de football. A chaque 1er janvier. A chaque mort d’une racaille, d’un quelconque Adama Traore, d’un quelconque Aboubakar (à Nantes). Sans parler des centaines de morts de l’islamisme immigrationniste, scandale autrement plus affreux, mais vite oublié.

Toutes ces violences sont le fruit d’une libanisation de la France périphérique, par une immigration massive et grâce à l’impunité absolue dont ont bénéficié depuis des dizaines d’années les casseurs d’extrême gauche (voir le scandaleux résultat du procès Méric) et les pillards allogènes.

La mise peut être ramassée, si les organisations de droite sont capables de tirer parti d’une situation dont la macronie a largement sa part de responsabilité, et si la fatwa anti-droite nationale saute.

Il y a quelques semaines à peine, Macron fustigeait « la lèpre nationaliste », et Darmanin voit une « peste brune » derrière les Gilets jaunes. Les Français voient, eux, sur leurs écrans, une peste rouge et une lèpre immigrationniste, malgré les efforts du régime pour identifier quelques jeunes nationalistes parmi les casseurs.

Pour nous, il ne s’agit pas de soutenir toutes les revendications, surgies de tous les mécontentements et de toutes les tentatives de récupération, mais c’est l’espoir que cette révolte – antifiscale avant tout – fasse émerger un vrai pôle de droite et décomplexé, du type de ce qui émerge un peu partout, de l’Italie au Brésil, de la Hongrie aux USA, de la Russie à l’Autriche, de la Pologne à l’Inde ou au Brésil.

Notre pays : une exception gauchisante

Mai 68 était, dès le départ, d’inspiration marxiste. Les portraits de Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao étaient affichés partout, alors que le contexte était celui d’une Europe de l’Est occupée, d’une offensive militaire communiste au Vietnam, Cambodge, Laos, Angola, Mozambique, Amérique latine, et avec un PC à 20 % en France même. L’analyse de Jean Madiran et de toute la droite nationale de l’époque s’imposait.

La situation est considérablement différente. Notre regard sur ces événements ne peut être identique au regard de Jean Madiran sur Mai 68.

Il ne faut surtout pas oublier que notre pays est devenu une exception gauchisante dans l’évolution du paysage mondial.

L’état actuel du pays est l’un des pires de la planète :

– chômage de masse, quand le plein-emploi est revenu un peu partout ;

– régression du pouvoir d’achat ;

– les activités industrielles évaporées ;

En bref, une économie qui ressemble de plus en plus à celle de l’Europe du Sud, et qui ne présente plus aucune équivalence avec celle de l’Allemagne. C’est donc un vrai déclassement.

La détestation de ce que nous sommes est la norme

– Les grands médias aux mains de la gauche ou de l’extrême gauche ;

– les folies bioéthiques qui se mettent en place avec le soutien de l’Elysée ;

– le politiquement correct à tous les étages ;

– l’interdiction de mettre en cause l’islam, malgré les centaines de morts du terrorisme entre 2012 et 2017 sur le territoire français ;

– les ignominies répandues constamment sur tous les pays et chefs d’Etat qui ont bousculé la pensée unique (Orban, Trump, Salvini etc.), et qui finissent par représenter tout de même plus de la moitié de la planète ;

– le pays d’Europe le plus fiscalisé ;

– une république maçonnique comme jamais dans notre histoire ;

– une réécriture stalinienne de l’histoire, qui efface même Pétain de la guerre de 14-18 et qui ostracise des héros de la résistance comme d’Estienne d’Orves ou Loustaunau-Lacau.

En bref, un pays soviétisé, certes sans le Goulag et la balle dans la nuque, dans les caves de la Lubianka.

La France est enfin le seul pays au monde où la détestation de ce que nous sommes est la norme obligée.

Peut-il y avoir une situation pire ? Non, du moins sur le plan moral.

Ce que nous vivons peut créer un choc salutaire, à savoir un complet changement de paradigme, dont les résultats dans les urnes, en mai prochain, peuvent constituer le premier effet. Rien n’est garanti, sur ce plan. Mais qu’avons-nous à perdre ?

Francis Bergeron pour Présent