Les Verts font des ravages

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Les Verts font des ravages. Seulement 3 mois après leur élection, les nouveaux maires Europe-Ecologie-les-Verts n’ont pas perdu de temps pour imposer leur vision du nouveau monde. Un nouveau monde où les traditions n’ont plus vraiment leur place. Après avoir annoncé l’état d’urgence climatique et réduit les déplacements en voiture à peau de chagrin, les édiles verts et leurs compères écolo-compatibles ont décidé d’aller encore plus loin. Les écologistes d’EELV avaient promis le bien-être et le retour à la nature à leurs administrés, ces derniers récoltent finalement de nouvelles contraintes et des aberrations des idéologues du « mieux-vivre-ensemble » et de leur écologie punitive…  La part belle a été faite à l’écriture inclusive pour des bulletins municipaux à l’instar d’un soutien infaillible au port du voile islamique.

De l’idéologie; donc, et des inepties. Après le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, favorable au burkini dans les piscines, voilà le maire EELV de Bordeaux, Pierre Hurmic, qui ne souhaite plus de sapin de Noël sur les places de la Capitale girondine. Et l’argument invoqué dépasse le grotesque… Il ne veut pas je cite « célébrer l’arbre mort »  et annonce une prochaine « charte des droits de l’arbre ».  La municipalité bordelaise met également en avant une économie de 60 000 €. A ce rythme, on peut aussi envisager la suppression de toutes les festivités estivales, les feux d’artifices. La Grande Boucle a également été sujette à controverse dans les rangs EELV puisqu’à Lyon et à Rennes, le Tour de France n’est plus le bienvenu. Une épreuve sportive centenaire « machiste et polluante » à en croire le nouveau maire lyonnais, Grégory Doucet.

Paradoxal alors que la course est la plus grande publicité mondiale pour le vélo, si cher aux écolos, et met en lumière les paysages français. Quant à l’accusation de machisme, elle est tout aussi absurde alors qu’un tour de France féminin aura lieu en 2022.

Ces premières décisions des édiles verts ont eu le don d’énerver une part des administrés, mais pas seulement. Le patron du mouvement, Yannick Jadot, a déjà commencé à grogner. L’eurodéputé, qui tente d’ériger chaque jour un peu plus son statut de présidentiable, a tancé ses collègues, lundi. Réagissant aux propos de ses camarades à propos du Tour de France, le député européen s’est dit fatigué de ces prises de parole et de ce mépris de classe insupportable.

Après une prise de distance vis à vis des premières péripéties des maires Verts, pour mieux se placer au-dessus de la mêlée, le probable candidat à la présidentielle a invité les élus à s’intéresser aux questions d’insécurité, aux questions du pacte républicain et des inégalités territoriales.

Un message qui a semble-t-il du mal à passer alors que les agressions se multiplient à Bordeaux et à Lyon sans réelle réponse des édiles aux manettes.

D’ailleurs, la communication entre Yannick Jadot ses lieutenants est plus que brouillée. Alors qu’il proposait d’avancer le calendrier de plusieurs mois afin de faire un choix pour le candidat à l’Elysée avant Noël, le conseil fédéral du parti écologiste a rejeté à 75 % la motion soutenue par le député européen, lors d’un vote à huis clos dimanche soir. Le choix se fera finalement après les élections régionales de mars 2021. Un cruel revers pour celui qui était sorti renforcé des dernières élections européennes.

Un clivage pourrait donc naître au sein du parti avec d’un côté Yannick Jadot, plutôt cordial avec le patron des socialistes Olivier Faure et de l’autre le Grenoblois Eric Piolle, tourné vers La France Insoumise. Une division qui pourrait se conclure par une primaire fratricide comme en 2011 entre Eva Joly et Nicolas Hulot. Pour rappel, la présidentielle de 2012 s’était terminée, pour les écologistes, avec un score de 2,3% des voix, malgré de bons scores lors des élections locales qui avaient précédé.

Thibault Bastide