BTP : le coup de pelle du gouvernement – Pierre Bergerault

511

Muriel Pénicaud en guerre contre le défaitisme ! Le ministre du Travail s’est emporté jeudi 19 mars contre la Capeb, l’organisation syndicale qui domine l’artisanat du bâtiment. En cause, la déclaration de son président, Patrick Liébus, qui invite à arrêter les chantiers sauf urgences. Il souligne l’incohérence de laisser sortir un maçon ou un plombier alors que l’état d’urgence a été proclamé par Emmanuel Macron. D’autant que les professionnels du secteur dépendent de l’approvisionnement en matériaux. Approvisionnement qui commence déjà à pâtir des mesures de restrictions aux frontières imposées par une douzaine de pays d’Europe. Une situation amplifiée par la vague de délocalisations initiées en France dans les années 2000 et au cours desquelles plus de 750 000 emplois dans l’industrie se sont envolés…

Mardi, une réunion entre la Capeb et les ministres concernés s’est mal terminée. L’un des membres du gouvernement aurait accusé les patrons du bâtiment de mettre tout le monde à l’arrêt pour profiter du chômage partiel. L’Etat a en effet pris la décision de prendre en charge les indemnités des salariés bloqués chez eux. Mais l’exécutif, par la voix du ministre de l’Intérieur, a décidé mercredi d’exclure les chantiers de cette mesure puisqu’ils ont lieu à l’extérieur. Et d’insister sur l’efficacité des mesures similaires prises en Italie qui « ont permis à l’économie de fonctionner presque à la hauteur de ses capacités habituelles ». Sauf que l’Italie a enregistré mercredi la journée la plus meurtrière avec 475 décès et va bientôt dépasser le bilan – officiel – de la Chine.

Reste que les messages du gouvernement sont difficiles à entendre pour les fédérations du bâtiment. Pour Patrick Liébus, la volonté du ministre du Travail de poursuivre tous les chantiers va à l’encontre de l’avis des organismes professionnels du secteur qui ont pointé l’impossibilité de poursuivre leur activité tout en assurant la sécurité des travailleurs, notamment lorsqu’ils se déplacent ensemble dans le même véhicule…

Muriel Pénicaud est allé jusqu’à dénoncer le manque de civisme de ces professionnels. Ces derniers assurent néanmoins commencer à s’organiser en vue de la reprise.

Pierre Bergerault