Journal du 19 juin 2017 : Edition spéciale élections législatives

Journal du 19 juin 2017 : Edition spéciale élections législatives

Abstention record, majorité absolue et percée du Front National au sein de l’Assemblée, les élections législatives et leur faible représentativité ont octroyé une grande liberté d’action au président de la République. Avec des Républicains divisés, le Front National et ses 8 députés aura à cœur de monter au créneau dans l’opposition.

Le verdict est tombé. Le raz-de-marée est arrivé… Mais c’est finalement l’abstention qui s’est répandue massivement sur la France. Avec moins de 43 % de participation, les Français ont scellé un nouveau record dans leur mise à distance de la vie politique. Un défi à relever pour le nouvel exécutif, comme l’a compris le premier ministre, Edouard Philippe

***

Après le triomphe annoncé dans tous les médias pour la République en Marche, la victoire est finalement plus mesurée que prévu. Si l’on prévoyait l’arrivée de plus de 400 députés pour la majorité présidentielle, le mouvement fondé par Emmanuel Macron glane finalement 308 sièges et le Modem, son allié, 42.

Le Modem n’est plus indispensable. Avec 308 sièges glanés par la République en Marche, le mouvement présidentiel obtient à lui tout seul la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, fixée à 289 élus.

Avec ses 42 députés, le Modem n’est donc plus incontournable pour la majorité présidentielle… Une situation qui pourrait faire vaciller, le Garde des Sceaux et président du Parti, François Bayrou. Le mouvement de la rue des Volontaires est en effet soupçonné par la justice d’avoir organisé un montage pour que le Parlement Européen rémunère les salariés du parti… Dans la mesure où l’édile béarnais doit mener à bien la loi sur la moralisation de la vie publique, la situation est tendue… Et il ne dispose plus des mêmes moyens de pression que lors de la campagne présidentielle. En effet, Emmanuel Macron a désormais les mains libres avec ses 308 députés… Le Modem n’est plus qu’un bonus dont on peut se passer. Pour autant, le mouvement de François Bayrou a de son côté, tout intérêt à rentrer dans le rang…

Les 6 ministres qui se présentaient à ces législatives ont également été confortés, y compris Richard Ferrand ! Malgré les accusations d’enrichissement personnel, les électeurs ont voté pour lui à plus de 56 %. A Paris, Marielle de Sarnez, ministre des affaires européennes, très proche de François Bayrou s’est également imposée, à l’instar de Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’état au Numérique.

Pour autant, En Marche ne parvient pas à faire un grand Chelem sur la Capitale. En effet, Claude Goasguen a été réélu dans l’Ouest Parisien et Danièle Obono de la France Insoumise a remporté la 17e circonscription. Il manquera donc deux sièges parisiens à la République en Marche pour faire un carton plein…

Avec cette nette victoire, les marcheurs devraient donc offrir à Macron les manettes du pays… Pour autant, la diversité de ces nouveaux élus laissent planer de nombreuses interrogations quant à leurs volontés politiques… pour ceux qui en ont une. En effet, le mouvement En Marche a tant agrégé des personnalités de tout bord qu’il apparaît parfois impossible de voir émerger une véritable ligne directrice cohérente. Le porte-Parole du gouvernement, Christophe Castaner, lui aussi élu sans encombre, s’était d’ailleurs risqué à faire taire les inquiétudes d’une trop grande uniformité de l’assemblée … estimant qu’une opposition serait présente au sein même de la majorité présidentielle… oubliant au passage que les candidats En Marche avaient signé une charte considérant qu’ils devraient voter les projets de la majorité… une disposition inconstitutionnelle soit dit en passant…

***

Deuxième force politique dans l’hémicycle, les Républicains sont parvenus à sauver les meubles après une période d’explosion avec l’échec de François Fillon. Avec 113 députés et 18 pour leurs alliés de l’UDI, ils pourront former un important groupe au Palais Bourbon.

D’autres candidats du Front National n’ont pas eu la chance d’être élus, malgré des circonscriptions favorables. C’est le cas de Jean Messiha, candidat malheureux dans l’Aisne avec seulement 44 % des voix. Pour autant, l’énarque ne compte pas arrêter le combat.

De son côté, Florian Philippot, vice-président du parti échoue avec 43 % des voix en Moselle face à En Marche. Sophie Montel est quant à elle battue plus largement, avec seulement 38 % des voix dans le Doubs.

Mais au-delà du Front National, l’Assemblée Nationale verra aussi siéger deux autres députés patriotes. Le maire d’Orange, Jacques Bompard, a en effet été réélu de justesse dans le Vaucluse.

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France, est parvenu à déjouer de justesse les mauvais pronostics en conservant son siège avec à 52 % des voix. Une bonne nouvelle pour lui… mais aussi pour le Front National. En effet, le maire de Yerres dans l’Essonne était le seul à s’être rallié à Marine Le Pen dans l’entre deux tours de la présidentielle… Sa réélection permettra donc de ne pas dissuader d’autres possibles soutiens d’en faire autant.

D’ailleurs, dès ce lundi matin, Marine Le Pen a tenu une conférence de presse pour évoquer la possibilité de former à l’avenir un groupe à l’Assemblée Nationale, grâce au ralliement de députés aux valeurs communes. Une tâche qui sera néanmoins difficile.

Une difficulté que Jean Luc Mélenchon n’aura pas à affronter. En plus de s’être imposé à Marseille avec près de 60 % des suffrages, la France Insoumise est parvenue à glaner 17 élus… de quoi constituer un groupe au Palais Bourbon sans avoir à demander l’aide des députés communistes… lesquels seront au nombre de 11… une prouesse pour une formation en déconfiture. Après l’échec de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon confirme donc cette fois la poussée de son mouvement. Il compte également prendre la tête d’une partie de l’opposition dans l’hémicycle.

***

https://www.youtube.com/watch?v=Ux1_PMpNjgw

***

Parmi les élus insoumis, on compte également François Ruffin, figure emblématique du mouvement et réalisateur du film “Merci Patron”. Il remporte le siège de député de la 1ère circonscription de la Somme avec 55.97 % des suffrages face à son concurrent En Marche.

De son côté, le parti socialiste est atomisé… mais moins que prévu. Alors que les socialistes avaient raflé 280 sièges en 2012… leur score est tout simplement divisé… par 10. Seuls 29 députés de la rue de Solférino auront accès au Palais Bourbon… Les écologistes ne seront pas en mesure d’apporter beaucoup de crédit puisque seul 1 député a été élu… Un véritable fiasco pour un courant qui aura décidément beaucoup souffert tout au long du quinquennat Hollande.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, n’a pas pu minimiser l’échec de son mouvement. Il en a tiré les conclusions… avec un air toujours aussi sympathique…

***
https://www.youtube.com/watch?v=i3ViemgkQWk

Face à ce constat d’échec, Jean-Christophe Cambadélis a donc remis sa démission du Parti socialiste… Dans la famille, peu sont parvenus à sauver leur peau… Parmi eux, Stéphane Le Foll. L’ancien ministre de l’agriculture est en effet parvenu à s’imposer dans la Sarthe… En revanche, les anciens ministres de Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri, Marisol Touraine et Jean-Jacques Urvoas vont devoir trouver un nouvel emploi… Ils pourront se rassurer en voyant l’échec cuisant du frondeur Christian Paul… pour qui la bataille contre l’ancien président n’aura pas davantage payée…
Manuel Valls a quant à lui vécu une soirée haute en rebondissement… D’abord donné vaincu dans sa circonscription de l’Essonne, l’ancien premier ministre a exigé un recompte des voix le donnant finalement vainqueur… une annonce qui a lancé le début de nombreuses tensions à Evry, notamment avec la France Insoumise qui revendiquait également la victoire de sa candidate… On parle encore aujourd’hui de contestation possible du vote

Dernières émissions

Pour aller plus loin :