Média / David Pujadas : une éviction politique ? Journal du jeudi 18 mai 2017

Média / David Pujadas : une éviction politique ? Journal du jeudi 18 mai 2017

La chasse aux blancs de plus de 50 ans est ouverte à France Télévisions. Mercredi, David Pujadas, le présentateur du 20h de France 2 a été évincé par Delphine Ernotte. Une décision qui s’apparente à un choix politique alors que le service public est financé par les contribuables.

Julien Lepers et maintenant David Pujadas… Le tableau de chasse du président du groupe France Télévisions, Delphine Ernotte, s’allonge. Mercredi, le présentateur vedette du 20h de France 2 a appris son éviction.

1) Média / D. Pujadas : une éviction politique ?

2) Société / GPA : l’hypocrisie d’Emmanuel Macron

3) Politique / Le mobilier volé des ministères

4) Économie / Le commerce équitable : pas vraiment équitable ?

5) L’actualité en bref

 

1) Média / David Pujadas : une éviction politique ?

Quelques jours après l’arrivée d’Emmanuel Macron aux commandes de l’Etat, l’annonce du départ de David Pujadas apparaît comme une décision… politique. Même si Delphine Ernotte s’en défend, sa proximité avec le nouveau président de la République ne serait pas étrangère à cette éviction. En effet, le 3 mai dernier, le président de France Télévisions s’était empressé d’embrasser Brigitte Macron lors de son arrivée sur le plateau du débat d’entre deux tours.

Delphine Ernotte a de son côté réagi en déclarant qu’il s’agissait de sa décision et qu’elle n’avait pas à l’expliquer. Cependant, l’explication semble toute trouvée. En effet, lors de son arrivée à la tête du groupe du service public, il y a 2 ans, Delphine Ernotte a été très claire : plus de modernité, plus de femmes et moins de blancs de plus de 50 ans.

Une promesse tenue avec le renvoi notamment de Julien Lepers, animateur vedette de Question Pour un Champion, qui n’a pas hésité à parler d’une véritable discrimination.

Les propos de Delphine Ernotte sont d’autant plus problématiques du fait qu’il s’agisse du service public. Par ce statut, l’Etat est actionnaire de France Télévisions. La politique discriminatoire menée par Delphine Ernotte est donc financée par… le contribuable.

Mais cette éviction devrait plaire à Emmanuel Macron. En effet, David Pujadas sera remplacé par Anne-Sophie Lapix dont le mari, Arthur Sadoun, est président de Publicis France, présent au CAC 40. Une véritable petite tambouille entre amis.

 

2) Société / GPA : l’hypocrisie d’Emmanuel Macron

Avec Emmanuel Macron, la GPA c’est probablement pour bientôt ! Si le président élu s’est déclaré opposé à la gestation pour autrui, il ne s’est toutefois pas engagé pour son abolition universelle. Il affirme même vouloir “s’attaquer au problème de la GPA très peu payée et subie”.

“La GPA ne sera jamais légalisée au cours de son quinquennat” voilà ce qu’avait déclaré l’équipe d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle. Mais la philosophe Sylviane Agacinski, l’épouse de Lionel Jospin, trouve cette affirmation bien ambiguë. Et pour cause, Emmanuel Macron a jugée irréaliste l’abolition universelle de la gestation pour autrui.

Lors du débat d’entre deux tours, le candidat en Marche avait déclaré vouloir permettre la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger arguant qu’on ne peut pas les laisser sans existence juridique. Une affirmation qui laisse entendre qu’Emmanuel Macron ne connaît pas son sujet ou plutôt feint de l’ignorer. En effet, les enfants nés d’une gestation pour autrui sont reconnus par le droit français. Ils disposent d’un état civil établi dans leur pays d’origine. Leur filiation qui découle de leur acte de naissance est bien reconnue en France. De plus, un enfant élevé sur le sol français acquiert la nationalité française dans les 5 ans.

Lors de la campagne, l’homme d’affaires Pierre Bergé, soutien d’Emmanuel Macron favorable à la marchandisation du corps, avait déclaré que la GPA serait autorisée en cas de victoire de son poulain. En effet, en validant le fait que de “grandes démocraties” ont accepté la GPA, Emmanuel Macron différencie plusieurs formes de GPA. Selon Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, Emmanuel Macron n’est pas opposé à son principe si elle est encadrée et souhaitera à terme sa légalisation au vue du nombre de GPA attendue à l’avenir. La protection de l’enfant est ainsi utilisée pour faire avancer la gestation pour autrui.

Notons que des discussions sont d’ailleurs déjà engagées à la conférence de La Haye pour donner un cadre juridique à la GPA.

Comble de l’esprit qui anime Emmanuel Macron, il a affirmé vouloir “s’attaquer au problème de la GPA très peu payée et subie”. Pour lui, le problème de la GPA n’est donc pas éthique mais financier. Il a par ailleurs supprimé le ministère de la famille mercredi lors de l’annonce de son nouveau gouvernement.

Autre inquiétude dans le camp des pro-famille, le nouveau ministre de la santé, Agnès Buzyn, s’est personnellement déclarée favorable à l’euthanasie lors d’un colloque au Grand Orient en 2015 sur la “fin de vie des enfants”. Rappelons qu’Agnès Buzyn a réalisé toute sa carrière de médecin à Necker, un hôpital réservé aux enfants…

 

3) Politique / Le mobilier volé des ministères

Certains font leurs cartons, d’autres, arrivent, c’est bien sûr des nouveaux ministres et secrétaires d’Etat et des équipes qui les entourent dont il est question… Problème : dans ces déménagements il n’est pas rare de perdre la trace, de certains meubles et objets de décoration.

430 000… 430 000, c’est le nombre de meubles recensés dans les registres du Mobilier National et des administrations françaises… Tableaux, bureaux, tapisseries, mais aussi fauteuils, canapés ou lampes sont numérotés et identifiés dans ces registres avec description et photos parce qu’ils sont considérés comme ayant de la valeur, qu’ils soient anciens, qu’il s’agisse de copies, ou encore, de meubles modernes.

Le problème, c’est qu’à l’occasion des changements de ministres et d’équipes qui les accompagnent, les inventaires ne manquent pas de révéler à chaque fois que certains de ses meubles, bibelots et objets de décoration ont curieusement disparu de la pièce dans laquelle ils étaient censés se trouver.

Les partants étant… sur le départ, le nez dans les cartons, ils ont beau jeu de dire qu’ils ne savent pas ce qu’ils sont devenus : on les a changé de pièce quand ils n’étaient pas là, ils ont été remisés parce qu’ils gênaient ou ne plaisaient pas au locataire du bureau. Et tant pis si l’on n’en retrouve pas la trace… circulez y a rien à voir. Au final, sur les 430 000 pièces du patrimoine national mises à disposition des ministères et autres lieux de pouvoir, au dernier décompte datant de l’an dernier, il en manquait près de 25 000. Et sur le lot, seuls… 1 % ont été retrouvés !

Chose étonnante, si l’on peut concevoir comment une lampe ou un tapis peut prendre la poudre d’escampette, c’est plus difficile à comprendre pour des bergères signalées manquantes à l’Assemblée Nationale, des tapisseries géantes de six mètres de large disparues d’une ambassade de France dans un pays d’Afrique, ou encore, c’est le pompon, pour un lit ancien de deux mètres de long sur deux mètres de large, en quelque sorte un lit King Size, que l’on ne retrouve plus… au château de Versailles.

En 2016, un total de 1 346 plaintes avaient été déposées… mais pour l’instant, personne dans un ministère ou une administration n’a été inquiété ni démasqué par la police et la justice… ou du moins, pas publiquement.

 

4) Économie / Le commerce équitable : pas vraiment équitable ?

Le commerce équitable ou comment faire du commerce en faisant une bonne action ! C’est en tout cas l’image que s’est donné ce business inspiré d’une certaine forme d’alter mondialisme… mais la réalité de ce commerce est bien éloignée de l’image sympathique qui lui est abusivement prêté, pire elle est néfaste pour l’économie locale.

Un commerce équitable qui n’est pas vraiment si équitable que ca… A grand coup de publicité et de réclame, le commerce équitable est entré dans les habitudes d’achat de nombreux consommateur depuis le début des années 70. Au fil du temps le label équitable est même devenu un véritable argument de vente. Le modèle est simple : en faisant vos achats vous faites un acte politique : vous permettez, par le simple fait d’acheter du café ou des fruits labélisés équitables, à un petit producteur du tiers-monde de vivre de son activité loin des tumultes du marché productiviste…

Mais cette belle image cache la réalité du commerce dit “équitable”. Devenu un vrai business, le secteur représentait en 2009 un total de vente estimé à près de 3,5 milliards d’euros… Des milliards qui profitent finalement à peu de producteurs puisqu’ils ne seraient qu’un million et demi à profiter de cette manne financière. Evidemment, entre la vente et la rémunération des producteurs se trouvent des grands groupes et surtout des grands distributeurs qui permettent d’écouler la marchandise.

Le terme équitable est lui-même biaisé, en effet pour qu’il y ait équité, encore faudrait-il que les conditions de travail et les systèmes de protection sociale des différent producteurs soient équivalents… or, les producteurs d’Amérique du Sud ou d’Afrique ne disposent pas des même charges et conditions de travail que les travailleurs européens et français notamment. Et même sur les territoires où l’on “produit équitable”, les producteurs non labellisés se trouvent démunis face aux producteurs labellisés.

Ce commerce favorise donc une forme de concurrence déloyale en Occident et au sein même des pays du Sud… Concurrence déloyale mais pas seulement, il y a également beaucoup à redire en terme d’écologie. En effet, le commerce dit “équitable” peut s’avérer extrêmement nuisible pour l’environnement. En important des fruits, des légumes ou des vêtements depuis des pays du Sud, le fameux bilan carbone devrait être pris en compte ce qui n’est pas le cas. La capacité de contrôle du travail et des méthodes de production respectueuses ou non de l’écosystème sont aussi délicates du fait de la distance consommateur-producteur.

Le label “équitable” est aussi un facteur d’appauvrissement de la biodiversité et du localisme. En achetant une banane ou un pamplemousse étiqueté “équitable” le consommateur français prend dans son panier des produits fabriqués à l’échelle mondiale et ne favorise aucunement les circuits courts qui sont pourtant à la base d’une consommation écologiquement responsable.

Le consommateur porte ainsi atteinte au producteur qui lui est proche. Pas étonnant avec de telles habitudes de consommation de voir la biodiversité locale s’appauvrir. Ainsi certains arboriculteurs produisaient des dizaines de variétés de pommes il y a quelques années et n’en produisent plus que quelques-unes aujourd’hui…

Tributaires de la grande distribution et donc des grands groupes commerciaux, écologiquement néfaste, anti-localiste et anti-biodiversité, le commerce dit “équitable” pétri de bonnes intentions s’avère être en réalité un simple débouché commercial.

 

5) L’actualité en bref

La perpétuité pour Francis Heaulme ! Mercredi, la Cour d’assises de la Moselle a condamné le tueur à la prison à perpétuité pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz, plus de 30 ans après les faits. Francis Heaulme a aussitôt annoncé vouloir faire appel de cette décision. L’individu avait déjà été condamné à une peine de 15 ans, une peine de 20 ans, 3 peines de 30 ans et 3 peines à perpétuité en comptant cette dernière.

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Valérie Pécresse subventionne SOS Racisme et l’inter LGBT ! Mercredi, lors de la Commission permanente d’Ile-de-France, la présidente du Conseil régional a distribué 25 000 € à l’association antiraciste. L’édile de droite est donc plus généreuse que la mairie de Paris et le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, tous deux de gauche, qui ont respectivement distribué 1 000  et 2 000 €. Pas de jaloux, Valérie Pécresse a également versé 25 000 € à l’Inter LGBT alors même que nombre de ses membres sont favorables à la légalisation de la GPA. Les trois élus du mouvement pro-vie “Sens commun”, membres de la majorité, sont restés muets.

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Des sanctions plutôt que des migrants ! Pour le ministre de l’Intérieur polonais, issu du parti conservateur Droit et Justice, les quotas européens de migrants sont pires que toutes les sanctions décidée par Bruxelles. Pour se justifier, le ministre appelle les contestataires à se souvenir des attentats terroristes et du développement des communautés musulmanes dans les pays d’Europe de l’Ouest. La Commission Européenne pourrait prochainement décider des sanctions contre Varsovie. Des sanctions pouvant aller jusqu’à la privation du droit de vote au Conseil européen.

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Transgenre à 7 ans ! C’est à Boston, aux Etats-Unis, pays en pointe sur la question de la transsexualité, que Jacob vit avec ses deux parents. La petite fille, qui avait d’abord refusé de porter des vêtements féminins et de se faire appeler par son prénom a finalement convaincu des professionnels de santé de lui laisser choisir son nouveau patronyme à l’âge de 4 ans… Pratique populaire aux Etats-Unis, Jacob aura ainsi le privilège de pouvoir se présenter à la fois aux concours de Mini Miss….et de Mini Mister.

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