Quand les PME n’arrivent pas à emprunter, toute l’économie en pâtit

Problème d’accès au crédit bancaire, manque de fonds propres : les PME françaises peinent à se financer. Un projet d’avis du CESE avance des solutions.

Améliorer l’accès au crédit des PME est crucial pour que l’investissement reparte en France. C’est ce que montre un projet d’avis du Conseil Économique Social et Environnemental (CESE), publié et soumis au vote ce mercredi. En effet, 99 % des sociétés françaises sont des petites et moyennes entreprises (moins de 250 salariés) et des très petites entreprises (moins de 10 salariés). Ensemble, elles emploient 48 % des actifs dans le pays. Le rôle est donc déterminant.

Paradoxalement, ces entreprises n’ont pas forcément besoin de beaucoup d’argent pour innover, se relancer. « La moitié des entreprises de 1 à 9 salarié.e.s qui investissent le font pour un montant d’au plus 5000 euros », note le projet d’avis. Mais elles peinent néanmoins à trouver ces sommes. « Le rythme de croissance de l’encours de crédit aux PME/TPE est moins élevé que celui relatif à l’ensemble des entreprises (+ 2,9 % en glissement annuel contre + 5,6 % pour l’ensemble des entreprises) » au troisième trimestre 2016, ajoute le projet d’avis. En outre, les TPE en particulier se voient assez souvent refuser un prêt : dans 31 % des cas pour les crédits de trésorerie, et dans 18 % des cas pour des crédits d’investissement.

Pis, plus du quart de ces crédits sert à financer l’immobilier de l’entreprise, et non de l’investissement en matériel, en machines, en formation et en numérique. Un problème, à l’heure où la révolution digitale implique de lourds investissements pour rester dans la course.

Le CESE propose de nombreuses pistes pour améliorer le financement des TPE-PME. La plus marquante consiste en la création de fonds régionaux. Ces fonds viendraient offrir leur garantie à des prêts bancaires – ce qui permettrait d’éviter des refus de crédit -, mais aussi offriraient une bonification du prêt, si bien que les TPE et PME emprunteraient à un taux d’intérêt plus bas. « La dotation de ce fond pourrait se faire par un fonds national, géré par Bpifrance avec les organisations patronales et de salariés », estime l’économiste Frédéric Boccara, rapporteur du projet d’avis. Il n’en demeure pas moins que la puissance publique devra dégager des moyens financiers pour ce fonds, ce qui n’a rien d’évident actuellement…

Mais le projet d’avis souligne également qu’il faut renforcer le capital de TPE et PME. Un tiers des très petites entreprises ont des fonds propres négatifs ou nuls ! Le CESE propose notamment pour y remédier de baisser le taux d’impôt sur les sociétés lorsque le résultat est mis en réserve en fonds propres. Ou encore d’orienter une partie de l’épargne, et notamment de l’assurance-vie, vers le financement des TPE et PME. Enfin, le projet d’avis juge nécessaire d’améliorer la formation financière des dirigeants des petites entreprises.

Reste un dernier problème, et non des moindres, pour les finances des PME et des TPE : elles sont payées tardivement par leurs clients. Alors qu’en Allemagne 72,1 % des entreprises payaient leurs fournisseurs sans retard en 2015, ce taux n’était en France que de 34 %, la moyenne européenne se situant à 40,9 %. Le CESE recommande d’envisager une diminution progressive de 60 à 30 jours du délai légal maximal de paiement inter-entreprises.

Source : lefigaro.fr

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