Le délit d’entrave numérique à l’IVG adopté – Journal du vendredi 17 février 2017

Au sommaire de ce JT :

1) Société / Le délit d’entrave numérique à l’IVG adopté

2) Société / Le métro parisien prend l’eau

3) International / Le Yémen toujours dans un bain de sang

4) L’actualité en bref

Cap sur L’Elysée

Dans un mois, jour pour jour, les dépôts de candidatures seront clos. Chacun des prétendants à l’élection présidentielle aura donc eu à affronter la lourde tâche de réunir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. L’occasion de faire un rappel historique sur cette exigence casse-tête pour bon nombre de candidats.

Depuis 1958 et la 5e République, les candidats souhaitant se présenter à la présidentielle ont l’obligation de recueillir des signatures d’élus pour prétendre à l’élection. Si le langage commun parle souvent de “parrainage”, il s’agit en réalité de “présentation”. En effet, les élus sont amenés à présenter leur candidat par le biais de leur signature, et ce, de manière autonome, et donc non partisane… En théorie bien sûr. A l’origine, il ne fallait que 50 signatures… puis 100 en 1962 avec l’instauration du suffrage universel direct… et 500 en 1976… une modification que beaucoup considèrent trop contraignante et pour cause… C’est justement pour cela qu’elle a été faite. En 1974, le Front National se présentait pour la première fois à la présidentielle et réunissait 0,75 %… Voyant que le mouvement prenait de l’ampleur, Valéry Giscard d’Estaing fait en sorte de fixer cette limite des 500 signatures pour la présidentielle suivante. Le but a été atteint puisque Jean-Marie Le Pen n’a donc pas pu se présenter en 1981… Ironie du sort, Arlette Laguiller, pour Lutte Ouvrière, avait rencontré de grandes difficultés pour trouver ses parrainages… des élus de droite se sont donc mobilisés avant la fin des dépôts pour lui permettre de se présenter… Comme quoi, la schizophrénie n’est pas nouvelle à droite.

Cette exigence républicaine a pour but d’éviter les candidatures trop extravagantes et donc de faire un premier tri avant le premier tour.

Contrairement à ce que beaucoup de Français croient, les maires ne sont pas les seuls élus à pouvoir offrir une signature aux potentiels candidats. En effet, les parlementaires, c’est à dire députés et sénateurs, mais aussi les conseillers départementaux, les membres du conseil de la métropole de Lyon, les conseillers de Paris, les membres élus de l’assemblée de Corse, de Polynésie, de Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna peuvent aussi parrainer. Les députés français au Parlement Européen disposent également du droit de présenter un candidat à la présidentielle… Deux autres règles régissent cette loi, il faut que les signatures proviennent d’au moins 30 départements et que pas plus d’1/10e des parrains soient du même département.

En tout, il y a environ 47 000 élus en capacité de “parrainer”… Notons qu’un élu ne peut donner qu’une seule signature, même s’il cumule les mandats.

C’est ensuite le Conseil Constitutionnel qui valide le nombre de présentations qu’il a reçu et donc, de fait, la validité des candidatures.

Par ailleurs que si le nombre minimum est de 500, il n’y a pas de maximum. Certains candidats présentent donc un grand nombre de parrainages, pour faire une démonstration de force mais aussi et surtout pour empêcher les élus de signer pour un autre…

En 2016, le gouvernement socialiste fait passer une nouvelle réforme pour changer les règles de transparence. Jusque là, seuls 500 parrainages – soit le minimum requis – étaient rendus publics, selon un tirage au sort. En somme, jusqu’en 2016, si un candidat avait recueilli 1200 parrainages, seuls 500 étaient publiquement révélés et ce après le dépôt officiel des candidatures, 8 jours avant le premier tour de l’élection…

Désormais, le Conseil Constitutionnel publie au moins deux fois par semaine l’avancement des signatures et les identités des élus ayant donné leur signature. La réforme n’est donc pas sans conséquence. D’une part, certains élus qui jugeaient normal de voir le FN participer à l’élection sans pour autant être électeur ou militant du Front National pouvaient donner un parrainage… mais la crainte que ce soit public peut désormais les dissuader. Le même principe peut s’appliquer pour les parrainages de petits candidats… qui peuvent être perçus comme des pertes potentielles de voix à l’élection par les grands partis…

D’autre part, la publication progressive des nombres de signatures va engendrer une forme de course entre les candidats… Des pressions pourront alors s’exercer sur les potentiels signataires… La nouvelle loi est donc largement critiquée, les petits candidats considèrent que c’est un verrouillage anti-démocratique.

Les medias, de leur côté, pourront allègrement souffler sur les braises… notamment par exemple quand ils observeront les élus Républicains qui ont signé pour un autre candidat que François Fillon.

Et justement François Fillon poursuit dans la persévérance. Après avoir déclaré qu’il se retirerait en cas de mise en examen après les premières révélations de l’affaire des emplois présumés fictifs de ses proches, François Fillon fait marche arrière à demi-mot. Le Parquet National Financier ayant décidé de poursuivre son enquête, le candidat Les Républicains a dénoncé “un acte de communication pour nourrir le feuilleton médiatique”. Il a ajouté que rien de nouveau n’avait été communiqué et qu’il s’en remettait donc uniquement au seul jugement du suffrage universel… On comprend donc entre les lignes que François FIllon a décidé d’aller jusqu’au bout ! Peu importe la décision du PNF…

De son côté, Marine Le Pen poursuit sa route en tête des sondages sans se laisser impressionner. La présidente du Front National se rend au Liban où elle rencontrera le président de la République, Michel Aoun et son premier ministre Saad Hariri… Ce voyage intervient quelques semaines après un passage d’Emmanuel Macron au pays du cèdre, séjour qui aurait été facilité largement par l’Elysée… François Fillon avait également prévu le déplacement au Liban mais il a été empêché par le Penelope Gate. L’importance de la venue des politiques dans le pays du Croissant Fertile laisse entendre que l’avenir des  Chrétiens d’Orient sera une des questions dans les débats de la présidentielle française.

Emmanuel Macron a quant à lui laissé transparaître des esquisses du programme qu’il doit présenter le 2 mars. Pour ses premières mesures, le candidat en marche s’est attaqué à la justice et à la sécurité… l’histoire de récupérer dans ses rangs les dégoûtés du Pénélope Gate… Il réclame dans ce cadre la création de 15 000 places de prison, une proposition assez peu originale dans une campagne électorale et jamais suivie d’effet. L’ancien banquier a également réclamé une tolérance zéro à l’égard des délinquants qui s’en prenaient aux policiers.

Au sujet de sa sortie sur la colonisation en Algérie qu’il qualifie de crime contre l’humanité, l’ancien ministre de l’Economie estime qu’il n’est ni dans la repentance, ni dans le refoulé… Il a tenu à maintenir ses propos… ce qui ne manque pas de provoquer l’indignation de nombreux Français, à commencer par les pieds noirs et les harkis. Dans ce cadre, le Collectif NON AU 19 MARS 1962 compte dresser une “haie d’horreur” au candidat en marche lors de sa venue samedi à Toulon au Zénith à partir de 15h…

Société / Le délit d’entrave numérique à l’IVG adopté

Le délit d’entrave numérique à l’IVG adopté à l’Assemblée. Jeudi, les gauches et une majorité de députés UDI ont voté pour le texte. De leur côté, Les Républicains ont dénoncé une atteinte à la liberté d’expression et vont déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Floriane Jeannin

“L’avortement n’interrompt pas une vie”. Voilà ce qu’a déclaré jeudi le ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol, lors du vote de la proposition de loi sur le délit d’entrave numérique à l’IVG. Le texte vise à pénaliser les sites catholiques dits de “désinformation”, qui selon le gouvernement, délivrent des informations biaisées sur l’avortement. 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende sont prévus pour les contrevenants. Laurence Rossignol affirme toutefois que les militants anti-IVG resteront libres d’exprimer leur hostilité à l’avortement. À condition de dire sincèrement qui ils sont, ce qu’ils font et ce qu’ils veulent”.

TV Libertés s’est rendue à l’Assemblée nationale pour rencontrer le député, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien démocrate. L’ancien candidat à la primaire de la droite dénonce une atteinte grave à la liberté d’information

Jean-Frédéric Poisson est également revenu sur la soumission des socialistes à la loi du marché.

Cependant, le président du Parti chrétien démocrate ne perd pas espoir, à quelques mois des élections présidentielle et législatives :

 

Société / Le métro parisien prend l’eau

Le chantier de la ligne 14 du métro parisien aura quelques années de retard ! Annoncé pour 2017 puis pour 2019, la mise en service du prolongement de la ligne pourrait être une nouvelle fois repoussée en 2020. En cause… plusieurs fuites d’eau. Thibault Bastide

La RATP vous remercie de patienter quelques années ! Le chantier de la ligne 14 du métro parisien a encore été repoussé et ne devrait pas être mis en service avant 2020 !

Prévu initialement pour cette année, le prolongement avait été une première fois décalé en 2019 après la découverte d’une première fuite dans la future station Porte de Clichy.  Six mois plus tard, les travaux étaient prêts à reprendre mais une seconde fuite a été constatée et colmatée. Cependant, les réparations n’ont pas satisfait la RATP qui a demandé des contrôles supplémentaires.

Évalué à plus d’un milliard d’euros, ce prolongement est très attendu par les collectivités publiques car il devrait permettre de désengorger la ligne 13 à hauteur de 25 %. Une ligne 13 qui sera notamment utilisée par 1 500 agents supplémentaires qui se rendront quotidiennement au futur siège de la région Ile de France situé à Saint-Ouen.

Le chantier de la ligne 14 est financé par : la Société du Grand Paris, la Ville de Paris, la Région Ile-de-France, le Conseil général des Hauts-de-Seine et par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis…

Le président de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a interpellé Elisabeth Borne, qui dirige la RATP, en demandant à ce que les délais soient respectés. En effet, une mise en service en 2019 serait appréciée par Valérie Pécresse car le siège de la région doit ouvrir en 2018.

Mise sous pression par le président de la région qui est également président du Stif, le Syndicat des transports d’Ile-de France, la RATP se fixe pour objectif de maintenir la mise en service pour 2019.

Deux autres chantiers ont également pris du retard, celui de la ligne T3 du tramway qui doit relier la Porte de la Chapelle à la porte d’Asnières et celui de la ligne 12 du métro… A Paris les trains ne sont décidément pas prêts d’arriver à l’heure !

 

International / Le Yémen toujours dans un bain de sang

La coalition arabo-américaine frappe une cérémonie de deuil au Yémen. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un raid a ciblé une commémoration chiite près de Sanaa, zone tenue par les Houthis. Retour sur un conflit sanglant très peu évoqué par les média mainstream. Hermine Risoli

La liste des civils ayant perdu la vie au cours du conflit yéménite s’est encore allongée. Dans la nuit du 15 au 16 février, la coalition arabo-américaine a bombardé une cérémonie funéraire, dans le district d’Arhab à 40 km au Nord de Sanaa, entraînant la mort de 8 femmes, d’un enfant et faisant une dizaine de blessés. Depuis 2014, le Yémen le théâtre d’un violent conflit opposant les forces gouvernementales, fidèles au président sunnite et la rébellion houthiste adepte d’un islam chiite et soutenu par l’Iran. Retour sur l’histoire récente du Yemen.

En 1990, la République du Yémen voit le jour avec la fusion de la République arabe du Yémen : le Yémen du nord, ET de la République démocratique populaire du Yémen : le Yémen du sud. Rapidement, les revendications sécessionnistes au sud et la rébellion houthiste au nord se font entendre. Créé en 1994 par Hussein Badreddin al-Houthi, le mouvement houthiste, qui réclame davantage d’autonomie et de reconnaissance, serait aujourd’hui représenté par environ 10 000 combattants armés. Les Houthis sont issus d’une branche du chiisme, le zaïdisme, qui représente environ 42 % de la population yéménite.

En 2011, la révolution yéménite provoque le départ du président Ali Abdallah Saleh, remplacé par son second Abd Rabbo Mansour Hadi, qui lui succède afin de gérer la transition et de rédiger une nouvelle constitution.Mais le nouveau découpage du pays en 6 régions suscite le mécontentement, notamment chez les Houthis.

Début 2014, les Houthis lancent une offensive vers le littoral afin de se garantir un accès vers la mer. Ils mobilisent alors une large partie de la population qui rejoint leur cause. Rapidement, ils s’emparent de la capitale, Sanaa, et prennent le pouvoir en janvier 2015, provoquant la fuite du président Hadi dans le sud du pays.

L’offensive des Houthis se poursuit et en mars 2015, les chiites contrôlent toute la moitié ouest du Yémen, zone la plus peuplée du pays et le Président Hadi se réfugie alors à Riyad, en Arabie saoudite.

Le lendemain, le royaume saoudien lance l’opération “tempête décisive” dans le cadre d’une coalition qui regroupe 9 pays arabes, tous sunnites, rejoints par les États- Unis.

A travers ce conflit, l’Arabie saoudite sunnite ne cache pas son intention de stopper l’influence de l’Iran chiite, accusé de soutenir la rébellion houthiste. De son côté, Washington soutient une coalition de pays sunnites qui pourtant ne sont pas innocents dans les attaques terroristes qui frappent l’occident depuis plus de quinze ans.

Dirigée depuis Riyad, la coalition effectue fréquemment des bombardements aériens sur les zones contrôlées par les rebelles Houthis. Elle a d’ailleurs été accusée à plusieurs reprises de sérieuses bavures. D’après les Nations Unis, le conflit au Yémen a fait plus de 6 600 morts, dont la moitié de civils.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ne devrait pas changer la donne dans ce conflit où les Etats-Unis privilégient leurs accords économiques au détriment de leur sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Le nouveau locataire de la Maison Blanche, très proche d’Israël, est profondément hostile à l’Iran, et entend entretenir de bonnes relations avec les monarchies islamistes du Golfe.

 

L’actualité en bref

Nouvel assaut de clandestins à la frontière sud de l’Espagne ! Ce vendredi matin, 500 individus ont franchi la haute barrière entourant l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Plusieurs d’entre eux ont été blessés ainsi que des membres des forces de l’ordre. Début janvier déjà, plus de 1 000 clandestins avaient tenté de passer armés de barres de fer et de grosses pierres mais aucun n’avait réussi. C’est désormais chose faite. Maintenant que le passage est réputé possible, d’autres viendront certainement tenter leur chance.

Ca ne s’arrange pas dans les abattoirs ! L’association L214 a diffusé une nouvelle vidéo datant de début décembre montrant des cas de maltraitance sur des cochons dans un abattoir d’Houdan dans les Yvelines. L’association dénonce des chocs électriques et des coups portés aux animaux. L214 a annoncé vouloir porter plainte contre l’abattoir. Ce dernier a pourtant été l’un des premiers à installer des caméras mais les images ne sont consultées que par le directeur de l’établissement.

Nouvelle fusillade près de Marseille ! Un individu a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi sur l’Autoroute A55 au niveau de Gignac-la-Nerthe. Selon des témoins, 2 véhicules ont pris en chasse une autre voiture avant d’échanger des coups de feu. Le véhicule poursuivi a fait des tonneaux avant que son conducteur soit abattu. Il pourrait s’agir d’un nouveau règlement de compte. À peu près au même moment, un individu a été blessé par balle dans la cité phocéenne et un autre a été abattu à Aix-en-Provence.

Une attaque au couteau impunie ! Un dealer présumé qui avait attaqué un policier lors de son interpellation en Seine-Saint Denis en décembre dernier comparaissait mercredi devant le tribunal de Bobigny. Le policier visé avait évité une blessure au cœur grâce à son gilet pare-balles. Malgré les 3 ans de prison ferme requis par le procureur, l’agresseur est ressorti libre du tribunal. Le parquet a décidé de faire appel.

C’est la fin de notre édition. Comme chaque vendredi, nous vous conseillons la lecture du quotidien “Présent” de fin de semaine. A la Une : l’affaire Théo va-t-elle tourner au Bobard d’or ; Martin Schulz rattrapé par ses casseroles et le harcèlement des démocrates contre Donald Trump.

Dernières émissions

Pour aller plus loin :