Comment éviter la hausse de vos frais bancaires ?

Frais de tenue de compte, retraits déplacés, carte à débit… Les tarifs de services de base de la majorité des banques sont en forte progression en 2017. Explications de Serge Maître, secrétaire général de l’Association française des usagers des banques (AFUB), qui prépare 3 actions de groupe.

Quels frais bancaires sont concernés par les hausses de tarification cette année ?

Serge Maître, porte-parole et secrétaire général de l’Association française des usagers des banques (AFUB) :

Il s’agit principalement des frais de tenue de comptes. Entre janvier 2016 et janvier 2017, ils ont augmenté de 13 % en moyenne. Les frais de carte internationale à débit immédiat –qui représentent l’essentiel des cartes en circulation– ont par ailleurs progressé de 4 % en moyenne et sont désormais aussi élevés que ceux des cartes à débit différé. Enfin, les frais liés aux retraits d’argent “déplacés”, c’est-à-dire effectués dans les distributeurs d’une autre banque que la sienne, croissent également. Mises bout à bout, ces hausses ne représentent que quelques euros de plus par mois, mais elles ne sont pas négligeables lorsqu’on sait qu’un client moyen paye environ 200 euros par an de frais bancaires. Et tout ça pour quoi ? Rien de plus. Ces augmentations ne sont associées à aucun service supplémentaire ou contrepartie pour le client.

Quelles sont les raisons invoquées par les banques pour justifier ces nouveaux tarifs ?

Elles les motivent principalement par les moindres gains financiers issus des taux d’intérêt qui ont fortement diminué. Mais ces augmentations ne correspondent à aucune réalité économique. Si les banques perdaient de l’argent, on le saurait. Si on assiste certes à un ralentissement de la croissance du secteur bancaire, les profits de ces établissements –hors exception– continuent de progresser. Sans compter qu’ils ferment de plus en plus d’agences et investissent dans des technologies ayant pour objectif à terme de remplacer les salariés et de générer des gains de productivité. Ce qui devrait logiquement améliorer leur rentabilité.

Ces pratiques sont-elles légales ?

Oui, les banques sont tout à fait libres de fixer leurs frais bancaires et d’appliquer les augmentations qu’elles désirent. La loi leur impose néanmoins de notifier toute hausse au client et surtout de les informer de leur droit de refus. Or, dans les faits, la grande majorité des établissements nient purement et simplement ce droit en ne leur notifiant pas. Certains avancent même à visage découvert, comme la Banque postale, qui va jusqu’à expliquer à ses clients qu’elle ne pourra pas tenir compte de leur refus sous prétexte qu’elle est la moins chère du marché. Simplement ahurissant. C’est la loi de la jungle face au droit de la République.

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