CHRISTIAN COMBAZ : LA FRANCE DE CAMPAGNOL / COMPIL DU 3 AU 7/10/2016

Christian Combaz : La France de Campagnol / Compil du 3 au 7/10/16

Pantouflage à la française

figurez-vous que ces gens là maintenant sont en train d’arriver comme moi et comme toute la génération d’après-guerre, à l’âge de la retraite. Et que la dernière mode consiste, à peine a t-on quitté la fonction publique, à revenir lui vendre vos services. On a vu d’anciens préfets fonder une entreprise de sécurité et devenir contractants de leur ancien ministère, pour faire du business sous un logo affreux dessiné par leur fille.  En résumé, on a vu n’importe quoi, et apparemment ce mélange douteux, très mal codifié, entre hauts fonctionnaires et retraités pantouflards, finit par coûter à la nation bien plus qu’il ne lui rapporte en compétences réelles. Parce que ces gens qui fondent un cabinet de conseil à 67 ans sont avant tout, disons-le, osons le mot, sont pour la plupart de bon gros lobbyistes intéressés par l’argent et qui se moquent totalement des innovations dans leur branche. Des gens qui pondent un rapport assez cher pour prôner une solution technique encore plus chère . Or bizarrement c’est l’un de leurs amis qui dirige la boîte qui vend le procédé . Il s’agit évidemment naturellement, très souvent, d’un procédé américain breveté. Alors on a le droit de songer au petit entrepreneur français qui avait, lui, à vendre un procédé deux fois moins cher, auquel il croyait beaucoup mais que les haut-fonctionnaires n’ont jamais rappelé parce que le cahier des charges avait changé à la dernière minute, pour correspondre à quoi ? A l’offre américaine évidemment

Servage intellectuel

Notre nouvel auteur digère donc son échec pendant un an, et au bout d’un an, chez le même éditeur parisien, il voit sortir un livre qui reprend pratiquement toutes ses thèses, mais rédigé par un sociologue, un habitué de France Culture qui est passé par toutes les cases du jeu de l’oie de la renommée.  Naturellement ce nouveau livre marche très bien, on voit son auteur un peu partout, visiblement les hasards de l’édition sont parfois orientés.
Que s’est-il passé ? C’est un cas assez banal, assez français, de servage intellectuel. Ce que vous produisez est toujours détenu, contrôlé par quelqu’un de plus autorisé que vous. Quand un jeune chercheur dans un labo fait une découverte, c’est son patron qui passe à la télé. Quand un blogueur de talent raconte des choses passionnantes , on en retrouve des phrases entières sous la plume des éditorialistes payés dix mille par mois, qui ne sont pas inquiétés et qui gardent leur salaire. L’auteur du texte initial, lui n’est jamais invité nulle part. Et pour finir quand un écrivain sorti du rang se mêle d’avoir des idées neuves, son propre éditeur téléphone à quelqu’un de plus connu que lui pour qu’il les reprenne à son compte.

Gestion de parvenus à la mairie de Paris

Il est peut-être temps d’ attirer l’attention de l’opinion, comme on l’a déjà fait par écrit sur les petits conducteurs de deux roues dont le scooter ou la moto constituent le seul moyen d’aller gagner sa vie, ou de s’installer sur une terrasse à vingt kilomètres de leur banlieue, ou d’aller jouer aux boules à Paris, et qui ne le pourront plus. D’abord première conséquence leur véhicule ne vaut plus rien du jour au lendemain sur le marché de l’occasion. Donc la maire de Paris appauvrit les pauvres d’un coeur léger. S’ils devaient suivre les prescriptions de cette parvenue qui fréquente davantage les représentants du luxe international que les braves gens qui n’ont pas le sou, il faudrait que ces derniers dépensent deux fois plus en transports alors qu’ils n’ont déjà presque rien pour vivre. Ou alors, s’ils ont une voiture plus récente, il faudrait qu’ils la prennent à la place de leur scooter ce qui pollue trois fois plus parce qu’en scooter on va droit à sa destination, on évite les embouteillages, et on ne tourne pas une demi-heure pour se garer dans un quartier saturé où je vous le rappelle les agents ne mettent même plus de papier sur les parebrises, ce qui fait que vous pouvez être verbalisé une fois par jour pendant une semaine sans savoir que vous êtes en infraction. Et s’ils sont mis à l’amende antipollution, ces pauvres gens il faudra qu’ils payent de 34 à 450 euros, ce qui est évidemment n’importe quoi quand on et à la retraite ou au RSA, et quand un million, un million de gens roulent sans assurance ou sans contrôle technique faute d’avoir les moyens de payer

Conflits d’intérêt au village

Quand on parle de cumul des mandats et de conflits d’intérêt, on pense souvent aux membres du conseil constitutionnel, aux maires d’une grande ville, aux directeurs d’un établissement public prestigieux mais la France de Campagnol, celle des gens simples, c elle dont j’essaie de faire valoir le point de vue ici de temps en temps vous offre des exemples tous les jours  de cumul des mandats et de conflits d’intérêt. Sauf que ça se passe entre la poste et l’épicerie alors on en parle beaucoup moins : quand le maire de votre village fait passer certains terrains du statut agricole au statut de zone d’artisanat, le prix du mètre carré, lui, dans certains coins de la commune, passe d’un euro à cent. Et alors ? Alors  c’est pas neutre pour le propriétaire figurez vous. Et quand en plus le propriétaire est le gendre du maire, comme c’est bizarre, le maire enrichit son gendre. L’ennui c’est qu’il appauvrit souvent au passage des voisins qui ne voulaient pas d’un atelier ou d’un parking à proximité de leur villa et comme j’en connais un , je vous raconte son cas à toute allure, ce ne sera pas long, donc c’est l’histoire de l’un de ces pauvres villageois dont la maison est le seul bien, et qui apprend que la Mairie songe, justement, à faire un parking à côté, un atelier, un dépot d’engins sur le terrain voisin, alors qu’il s’agit d’une forêt protégée mais nous en parlerons une autre fois.

La jeune mère suicidée

Dans le Nord de la France,  une jeune femme qui s’était vue retirer par la Direction des affaires sociales deux tiers de ce qu’elle avait pour vivre s’est suicidée . Elle a laissé deux enfants dont une trisomique d’ailleurs vouée aux soins de la Dass, et là cherchez la logique puisque le système va dépenser beaucoup d’argent, cinq ou dix mille par mois, pour élever ces enfants à qui il n’a pas voulu laisser plutôt leur mère pour mille euros par mois. Ce qui est intéressant dans cette histoire ce n’est pas le caractère fondé ou non en droit de cette décision administrative mais l’attitude des gens  pour lesquels la loi est la loi et qui disent « je ne veux pas le savoir, c’est vous qui voyez, etc ». C’est d’ailleurs ce que la caisse  a déclaré à la presse. Elle a dit que sa décision était conforme au droit. Elle a ajouté que le reste n’appelait aucun commentaire. En tout cas de sa part mais de la nôtre c’est différent, on a le droit tout de même d’un dire un mot . Cette décision est peut-être conforme au droit mais à quoi ça sert si elle n’est pas conforme aux règles de l’humanité, de la bonté. Le droit est-il tombé du ciel ? Non, il a été voté, il est fait pour être revoté et changé si nécessaire et il le sera sans doute. Dans quel sens ? En bien quand on y pense cette fille s’est suicidée parce que la solidarité  ne vaudra jamais la charité. La solidarité c’est un barême.  L’employé consulte le barème. Il vous dit voilà à quoi vous avez droit.  En gros c’est la définition du socialisme. On vérifie vos droits tout le temps mais on n’étudie jamais la réalité des besoins qui sont derrière.

Dernières émissions