JOURNAL DU LUNDI 12 SEPTEMBRE 2016 : POLITIQUE / LES RÉPUBLICAINS DANS LA COURSE

Journal du lundi 12 septembre

Politique / Les Républicains dans la course

Les 20 et 27 novembre, Les Républicains désigneront leur champion pour l’élection présidentielle parmi les 8 candidats engagés dans la primaire. Le dépôt des candidatures de vendredi soir a évidemment donné son lot de déception pour ceux qui n’ont pas réuni les parrainages nécessaires, de quoi désunir un peu plus la droite parlementaire… Alexandre Rivet

8 candidats pour briguer le mandat suprême. Comme prévu, la primaire de la droite verra un affrontement entre de nombreux candidats. Officiellement nommée primaire de la droite et du centre, ce scrutin ne verra concourir aucun centriste de l’UDI ou du Modem. Les deux favoris de la primaire sont Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, l’ancien président tente de relancer sa dynamique électorale de 2007 et s’est assuré du soutien de 20 000 adhérents contre moins de 5 000 pour l’ancien ministre. Derrière eux, Bruno Le maire, le 1er à avoir fait campagne, entend réitérer son bon score de l’élection à la présidence de l’UMP lors de laquelle il avait obtenu près de 30 % des voix… Autre ancien ministre en course pour l’élection, François Fillon, le 1er ministre de Nicolas Sarkozy pendant 5 ans entend bien peser dans une campagne où il a réussi à obtenir le soutien du mouvement issu de la Manif Pour Tous Sens Commun, une belle prise pour l’ancien ministre qui n’avait pourtant jamais manifesté contre la loi Taubira.
Jean-François Copé est également sur la ligne de départ. Il entend faire campagne contre Nicolas Sarkozy et promet la rupture que ce dernier n’a pas fait… Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme en course dans cette primaire, devrait jouer la carte féminine et centriste, comme pour l’élection à la mairie de Paris en 2014, toute la difficulté sera de se départir de son image de bourgeoise arrogante… Deux candidats pro-famille entendent également faire entendre leur voix : le libéral conservateur Hervé Mariton qui a obtenu ses parrainages in extremis et le président du Parti Chrétien Démocrate Jean-Frédéric Poisson, seul candidat issu d’un parti allié. Il entend faire passer un message à contre courant de ses adversaires.

L’important, pour ceux qui sont souvent qualifiés de petits candidats, à l’image de Jean-Frédéric Poisson, sera de faire un score à 2 chiffres pour peser auprès de celui qui portera les couleurs de la droite pour l’élection présidentielle.

Et si la confiance est de mise pour Jean-Frédéric Poisson, d’autres candidats ne pourront pas se présenter pour la primaire faute de parrainage ou faute de structure. C’est le cas d’Henri Guaino qui a choisi de se lancer dans la campagne présidentielle sans passer par le scrutin interne. C’est aussi le cas de Nadine Morano qui ne devrait pas se présenter. De son côté, Frédéric Lefebvre, ancien proche de Nicolas Sarkozy, tente de se présenter avec son micro parti « Nouveaux Horizons », une démarche voué à l’échec car ce parti n’est pas statutairement associé aux Républicains contrairement au Parti Chrétien Démocrate… De leur côté, le député Jacques Myard et le vice-président du conseil régional d’Île de France Geoffroy Didier jettent l’éponge faute de parrainages…
Tout l’enjeu de la primaire pour le futur candidat quel qu’il soit, sera de ne pas trop se fâcher avec ses ennemis faute de quoi il pourrait bien y avoir plusieurs candidatures de droite. Un exercice qui va s’avérer très difficile, notamment pour Nicolas Sarkozy qui doit faire face à plusieurs candidats qui lui sont frontalement opposés…

Social / Alstom déraille

Alstom s’invite dans la campagne présidentielle ! Ce lundi, François Hollande animait une réunion interministérielle pour tenter de sauver la production de trains sur le site de Belfort. Face à la baisse des commandes, la compagnie a annoncé la semaine dernière le transfert d’ici 2018 de ses activités ferroviaires à Reischshoffen, en Alsace.

“Sauver les activités ferroviaires d’Alstom à Belfort” ! Voilà l’objectif qu’a fixé François Hollande à son nouveau ministre de l’Economie, Michel Sapin. Si la direction d’Alstom a indiqué qu’il n’y aurait ni fermeture de site, ni plan social, 400 salariés risquent toutefois d’être transférés vers Reischshoffen ou d’autres sites du groupe. A quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement a estimé que cette manière de faire était inadmissible. En effet, l’Etat siège depuis février au Conseil d’administration d’Alstom et possède 20 % des droits de vote. Déjà convoqué jeudi à Bercy, le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge s’était vu imposer “une phase de négociation”.
L’ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a estimé que l’Etat ne pourrait s’opposer à la fermeture du site. Nicolas Sarkozy, qui avait déjà sauvé Alstom en 2004, s’étonne pour sa part de voir l’Etat accepter que son coactionnaire puisse prendre une telle décision sans être au courant. De son côté, le candidat à l’élection présidentielle, Arnaud Montebourg, a déploré l’acquisition en juillet par la SNCF de 44 locomotives de la société allemande Vossloh pour 140 millions d’euros. Et quand la société nationale renonce à acheter “made in France”, elle commande des trains trop larges pour les quais de certaines gares. En effet, en mai 2014, 1 300 rames TER avait dû être rabotées pour un coût de 50 millions d’euros. Face à l’emprise de la finance sur le politique, l’économiste Jacques Sapir a dénoncé l’abandon de la fonction stratégique de l’Etat.

Union Européenne / Hongrie : le référendum qui défie Bruxelles

Un référendum sur la relocalisation des migrants en Hongrie le 2 octobre. Le premier ministre, Viktor Orban, avait annoncé la tenue du scrutin 10 jours après le vote du Brexit pour enfoncer le clou. Si le résultat du scrutin n’aura aucun effet juridique direct, les partis de gauche dénoncent une campagne haineuse. Pierre Bergerault

Viktor Orban défie de nouveau Bruxelles. Après la construction l’an dernier d’une barrière à sa frontière avec la Serbie et la Croatie, le gouvernement hongrois demandera à ses administrés s’ils veulent relocaliser des clandestins selon le plan imposé par l’Union européenne aux Etats membres. En plus de la menace terroriste qui accompagne la vague migratoire, Viktor Orban invoque une violation de la souveraineté devant le diktat européen. Sur le terrain, les partisans du “OUI” et du “NON” s’affrontent à coup de campagne d’affichage. Sur les pancartes de ceux qui s’opposent aux quotas de clandestins, on peut notamment lire :”Savez-vous qu’en Libye, un million de migrants veulent se rendre en Europe ?” ou encore “Depuis la crise migratoire, les violences contre les femmes ont beaucoup augmenté”. Leurs adversaires, notamment ceux du Parti hongrois du chien à deux queues, n’ont pas fait preuve de beaucoup d’imagination. Ils se content de détourner les affiches pro-gouvernements avec des messages tels que “savez-vous qu’un million de Hongrois veulent se rendre en Europe ?”. Ce parti parodique appelle également ses sympathisants à boycotter le référendum pour le rendre invalide et pouvoir montrer que les Hongrois peuvent aussi être JE CITE :”gentils, sympathiques et normaux”. Notre correspondant en Hongrie Ferenc Almassy revient sur cette campagne et sur les consignes de vote des différents partis :

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, estime que le référendum n’aura pas d’effet juridique direct. Ferenc Almassy nous explique donc l’intérêt pour le chef du gouvernement d’organiser ce vote.

Quoi qu’il en soit, selon les derniers sondages, entre 67 et 74 % des Hongrois se prononceraient contre l’accueil des clandestins. De leur côté, les Français restent hostiles à 59 % aux quotas de Bruxelles. Rappelons qu’en 2015, soit avant la fermeture de sa frontière, la Hongrie a vu déferler environ 400 000 demandeurs d’asile sur son territoire.

International / Clinton n’a pas la pêche

Coup de théâtre pour Hillary Clinton. Alors que des rumeurs sur son état de santé s’étalaient sur le web et que les media subventionnés criaient au conspirationnisme, la candidate des démocrates a fait un malaise en pleine cérémonie d’hommage pour les attentats de 2001. Les explications fusent, mais elles sont peu convaincantes. Floriane Jeannin.

Hillary Clinton est belle et bien malade. Alors que toute la presse aux ordres balayait ces informations en les considérant comme de vulgaires rumeurs des soutiens de Trump, l’ex première dame a été victime d’un malaise dimanche. Une vidéo montre Hillary Clinton alors qu’elle est exfiltrée par son service d’ordre. Elle apparaît chancelante, fébrile et s’écroule même en essayant de monter dans la voiture, laissant sur le trottoir une de ses chaussures. Directement emmenée à l’hôpital, elle est réapparue quelques heures plus tard après une escale de répit chez sa fille, Chelsea. Dans un premier temps, les journalistes ont évoqué à l’unisson une insolation. Pourtant, l’ambiance était respirable à New York. Entre 27 et 28 degrés avec du vent, comme en témoigne le mouvement des arbres sur la cérémonie. Pas de quoi tourner de l’oeil quand on est en bonne santé.
Quelques heures après la sortie “remarquée” d’Hillary Clinton, les explications par l’insolation ont fait long feu, sans doute trop peu crédibles. Il fallait donc construire une nouvelle histoire. C’est ainsi que l’on apprenait qu’il avait été diagnostiqué une “pneunomie” à la candidate, et ce, depuis vendredi. Explication pratique puisqu’Hillary Clinton était apparue de nombreuses fois avec des quintes de toux inarrêtables ces dernières semaines. Pourtant, l’explication semble guère plus crédible que l’insolation. En effet, à sa sortie de l’hôpital, une petite fille – fille d’un des membres de la campagne de Clinton, précisons-le – s’approche d’elle pour faire une photo. La candidate à la Maison Blanche s’est exécutée tout sourire, pour finalement embrasser la petite comme du bon pain… L’ex-première dame aurait donc une version rare de la pneumonie… non contagieuse ?
En bref, le feuilleton autour de la santé d’Hillary Clinton semble de plus en plus surréaliste et l’effort produit par les media du système pour étouffer toutes les rumeurs devient trop important. Tout aurait commencé avec plusieurs vidéos montrant la candidate avec une toux persistante mais également des tremblements ou spasmes, et également attitude très étonnantes s’apparentant à des moments d’absence. Il y a déjà plusieurs semaines, Wikileaks, le relai d’informations piratées, parlaient de bilan de santé d’Hillary Clinton mettant en lumière une démence vasculaire. Un trouble causé notamment par des petits accidents vasculaires cérébraux successifs qui engendrent des pertes de mémoire et de la cognition.
Son adversaire Donald Trump a commenté les problèmes de santé de l’ex-première dame en émettant des réserves quant à sa capacité à assumer le rôle de chef d’Etat. En effet, si la santé fragile de la candidate est avérée, nul doute que cela aurait un fort impact sur la fin de la campagne présidentielle où tout le monde s’accorde à dire que la Maison Blanche n’est pas une maison de repos.

L’actualité en bref

– Des policières anglaises bientôt en Burqa ! La police du comté de West Midlands, qui souhaite faire passer ses effectifs d’agents issus de minorité de 9 à 30 %, envisage d’autoriser le port de l’habit islamique. Une annonce qui ne fait pas l’unanimité auprès des habitants y compris parmi les musulmans. Un porte-parole du Conseil musulman de Grande-Bretagne a trouvé l’idée très surprenante d’autant que les femmes portant la burqa ne voudraient probablement pas entrer dans la police. Un membre des forces de l’ordre s’est montré sceptique quant à la possibilité de poursuivre les délinquants avec un tel habit !

– Le Front national éliminé du second tour de l’élection départementale partielle en Lot-et-Garonne. Alors que le binôme de droite a recueilli 35,38 % et la gauche 32,91 % des suffrages, le parti patriote perd 8 huit sur le scrutin précédent invalidé obtenant seulement 21,19 %. Seulement un tiers des personnes inscrites se sont déplacées pour voter. La majorité devrait rester à droite.

– Un candidat au djihad tue sa mère. Ce lundi vers 5h30 au Havre, un individu de 20 ans a étranglé sa mère avec un lacet car elle s’opposait à son départ en Syrie pour combattre avec l’Etat islamique. Interpellé, l’individu a reconnu son appartenance à la mouvance islamiste radicale. Comme souvent, quand un djihadiste passe à l’action, la police a indiqué qu’il avait des antécédents psychiatriques.

– La mairie d’Amatrice porte plainte contre Charlie Hebdo ! La ville italienne, meurtrie par le séisme du 24 août, a déposé une plainte pour diffamation contre le journal satirique français. En cause : un dessin de Felix comparant les victimes à des spécialités gastronomiques italiennes. La dessinatrice Coco avait également fait dans le macabre accusant la mafia d’être à l’origine de l’effondrement des maisons. La polémique est remontée aux oreilles du ministre de la justice italienne qui a dénoncé des dessins répugnants.

C’est la fin de notre édition ! Dans un instant, notre “Zoom” du jour. Le nouveau roman de politique fiction d’Emmanuel Albach a fait couler beaucoup d’encre. Les événements se déroulent en 2019 : un président consensuel décide de mettre en œuvre un projet pour faire face à la situation migratoire du pays. Ce projet – la partition du territoire français – est considéré par les “indigènes” comme une trahison. La révolte s’empare des plus courageux et des plus aguerris. La France s’embrase… Loin du pessimisme de Jean Raspail, Emmanuel Albach, qui a combattu aux côtés des phalanges chrétiennes au Liban, propose une conclusion empreinte d’espoir :”le grand rembarquement”.

Et ce soir, retrouvez “Politique-Eco”. Olivier Pichon recevra le docteur en droit Valérie Buguault pour décrypter le système financier global et le rôle des paradis fiscaux.

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